Édouard André naquit en 1840 à Bourges. Son père étant horticulteur, son enfance est déjà imprégnée du monde  végétal. Ensuite, il est stagiaire aux établissements LEROY à Angers, cette importante entreprise horticole où des générations d’horticulteurs sont passées. En 1860, il entre à l’âge de 20 ans, dans le service des  Promenades et des Plantations de la ville de Paris dirigé par Alphand. Ce dernier lui confie tout d’abord la direction des serres et des fleuristes. En 1864, il se voit confirmer la direction des travaux de construction du Parc des  Buttes de Chaumont. Le chantier dure 3 ans. En 1867, il reçoit le 1er prix du Concours International organisé par la ville de Liverpool, pour la création d’un parc public de 150 ha, le Sefton Park. Ensuite il est chargé de la direction de ce parc. Le chantier dure 5 ans. En 1872, il transforme la citadelle de Luxembourg en une couronne verte, composes d’un parc paysager, d’une fondation hospitalière et un jardin botanique pour les plantes indigènes.  Dans le Grand-Duché du Luxembourg, il crée les jardins de la station thermale de Mondorf-les-Bains.

Il transforme :

  • en France, le jardin des plantes d’Angers en un jardin public, la station thermale de Bagnols de l’Orne. en 1899, la Roseraie de l’Hay, il dessine et crée de nombreux jardins privés, notamment en Touraine (Bois Renaut à  Ballan, La Croix en Touraine, le Lude, Valençay).
  • à Madère, le jardin public de Funchal; en Italie, les jardins de la villa Borghèse, le Quirinal à Rome.
  • en Égypte, les promenades et jardins publics de la ville du Caire, le parc des fortifications d’Alexandrie.
  • 1890 en Uruguay à Montévidéo, création de 3 grands parcs.
  • 1886, en Hollande à Amerongen et à Weldam, il réalise un merveilleux jardin dans le style classique français du XVIIème siècle.
  • on le rencontre aussi en Russie, en Bulgarie et en Lituanie.
  • à Monaco, les jardins du Casino de Monte-Carlo.

Mais Édouard André est aussi un botaniste. Il effectue un voyage en 1875-1876, parcourant la Colombie, l’Équateur, le Pérou et rapporte beaucoup de plantes dont de nombreuses broméliacées et l’Anthurium andreanum. Il effectue un 2ème voyage en Uruguay en 1890.  

Édouard André écrit des livres sur l’horticulture. En 1879, il publie son traité sur la Composition des Parcs et Jardins, véritable somme de réflexions et de  découvertes personnelles. Ce livre a été réédité à deux reprises, encore tout  récemment en 1993, témoignant de la maîtrise de son art et de la cohérence de sa pensée, éléments qui font de lui un paysagiste de premier ordre. Il est rédacteur de l’Illustration horticole de 1870 à 1880. Il devient l’âme  dirigeante de la revue horticole (1860-1882).  

Il publie de nombreux récits : 

  • « les plantes de terre de bruyère » (1865)
  • « le monde horticole » (1866)
  • « traité des plantes ornementales » (1867)
  • « les fougères » en 2 volumes. Il participe à de nombreuses expositions internationales dont Saint Petersbourg en 1870

 Édouard André enseigne à l’École Nationale d’Horticulture pendant 34 ans. Il meurt en 1911 dans sa propriété de la Croix en Touraine.

L’œuvre d’Édouard André n’est pas restée sans lendemain. Son fils René Édouard André, poursuivit son travail pendant plus de 30 ans tout en y laissant l’empreinte de son propre talent.

Édouard André paysagiste en France et dans le monde

 Dans la création de ses parcs, Édouard André utilise souvent le style composite, alliance du style paysager à l’anglaise et du style à la française. Domicilié à Paris (rue Chaptal), il possède une agence et dirige ses gros chantiers en France et dans le monde. Ses grandes réalisations en France, excepté en Touraine :

  • Le champ de Mars – ville de Montpellier – 1896-1900
  • Avanges – Rhône – Marquis d’Allon – 1885 • Châtaignier près de Bellac (87) – M. Paul Lecointre – 1890-1891
  • Hordasse – Lot et Garonne – Marquis de Pompignan
  • La Chassagne – Côte d’Or – Victor Masson – 1879
  • La Lorie – Maine-et-Loire – Comte de Saint Genys -1879
  • Jardin Japonais, Villa des Lotus – Cannes – Duchesse de Persigny – 1882
  • Les Aigles à Chantilly – Oise – Baron Édouard de Rothschild
  • Cabourg (14) Parc au Bord de la Mer – Paul Dalloz – 1872
  • Parc public de Guebwiller – Haut-Rhin – ville de Guebwiller
  • Parc de Cognac – Charente – ville de Cognac
  • Parc public de Poitiers – ville de Poitiers
  • Parc thermal de Bagnoles de l’Orne – Compagnie Foncière de France
  • Roseraie de l’Haÿ les Roses – M. Jules Graveraux – 1892
  • Transformation du jardin botanique d’Angers – ville d’Angers • Villa Massena à Nice – Prince d’Essling – 1909 Dans le monde
  • Sefton park à Liverpool (avec Homblower et Mertens en chantier) – ville de Liverpool – 1867-1872 • Sandrovo- Evksinograd – Bulgarie – Ferdinand 1er
  • Rosarium de Friesembourg – Danemark – Comte de Frise -1879
  • Promenades et jardins publics du Caire – Egypte – Gouvernement d’Egypte
  • Amerongen – Hollande – Baron de Heeckeren – 1886
  • Middachten – Hollande – Lord Bentink – 1901
  • Twickel – Hollande – Baron de Hoeckeren – 1886
  • Weldam – Hollande – Lord Comte William de Bentinck – 1886
  • Nadaska – Hongrie – Comte Hadik – 1903
  • Piazza Bianca à Rome – Italie – 1888-1890
  • Polangen (Palanga) – Lituanie – Comte Felix Tyskiewics – 1898-1900
  • Traku Voké – Lituanie – Comte Jean Tyskiewics
  • Transformation des fortifications de Luxembourg – ville de Luxembourg – 1871-1892
  • Mondorf les bains – Grand Duché du Luxembourg – 1886
  • Jardin Botanique de Funchal – Madère – Ville de Funchal
  • Otrada près de Serpukhoff – Russie – Comte Orloff-Davidoff – 1869
  • Tchiboukhi à Constantinople – Turquie – Khédive Abbashilmi
  • Place Flores – Montévidéo – Uruguay – 1890 • Parc Caracas – Cuba

Édouard André botaniste

 On connaît bien Édouard André paysagiste, mais il était aussi botaniste, passionné de plantes. Lorsqu’il travaillait à la ville de Paris, il publia en 1864, «Plantes de terre de bruyère» – Maison Rustique en 1865, «Le mouvement horticole» – éd  Rothschild en 1866, «Traité des plantes ornementales» – éd Rothschild en 1867, «Traité sur les fougères » en collaboration avec Rivière et Roze (en 2 volumes). Il était également praticien. Il cultivait, hybridait des plantes rares ou indigènes, dont de nombreuses portent son nom, tant dans son arboretum, dans ses serres de la Croix-en-Touraine qu’à la Villa Columbia à Golfe Juan. Au cours de son voyage en Amérique latine, Édouard André explora la Cordillère des Andes. A propos de son voyage : Édouard André embarque le 7 novembre 1875 à Saint Nazaire. Après une  première escale à la Martinique et une visite au jardin botanique de Saint Pierre, puis un passage par Caracas, il lui faut remonter longuement le Rio Magdalena à partir de Barranquilla. L’aventure botanique proprement dite a pour intérêt la  Cordillère des Andes qu’il dit avoir franchie 9 fois. Dans ces expéditions, il découvre un Anthurium accroché sur un Ficus elliptica. Cet Anthurium sera nommé Anthurium andreanum. En 1878, la revue horticole détaille les richesses rapportées par Édouard André notamment un herbier de 4300 espèces dont 3600 nouvelles. Il décrira 268  espèces dont plus de 50 familles, 65 broméliacées, 26 aracées, 17 orchidées, 12 euphorbiacées. Parmi ces descriptions, 71 seront faites en collaboration avec JeanJules Linden. Quelques plantes rapportées : Aechmea columnaris, Ed. André Anthurium andreanum, Ed. André Anthurium crystallinum, Linden et André Begonia gunneraefolia, Linden et André Cattleya chocoensis, Liden et André Cissus lindeni, Ed. André Fuchsia vulcanica, Ed. André Pitcairnia macranthera, Ed. André Puya thomasiana, Ed. André Tillandsia adpressa, Ed. André Au cours de ce voyage en Amérique équatoriale, Édouard André a parcouru la Colombie, l’Équateur et le nord du Pérou dans la partie andine. Plus tard, Édouard André ramène le Washingtonia robusta des États-Unis et en 1890, le Feijoa sellowiana des jardins de Montevideo en Uruguay.