Journal du voyage sur les îles anglo-normandes du 16 au 21 mai 2014

 

A 20 km des côtes françaises, visite de nos « cousins, ces morceaux de France, tombés à la mer ».

Ces îles bénéficient d’un climat doux, sans gel, du à leur position océanique et à l’effet du Gulf Stream.

Le dépaysement est garanti sur ces terres insulaires de culture « so british » mais aux noms de rues français et une campagne de bocage normand.

Vendredi 16 mai :

Après un rassemblement matinal, place Jean Royer à Tours, les membres de la SHOT filent vers St Malo à bord d’un car « Royal Class », très confortable. Nous arrivons à St Malo, après quelques formalités nous embarquons à bord d’un bateau rapide Condor pour une traversée sous le soleil et sans histoire.

Après le déjeuner à bord, nous débarquons vers 13h30 (heure locale) à St Peter, le port principal de Guernesey. Nous devons retarder nos montres d’une heure. A notre descente de bateau, nous sommes accueillis par notre guide Jeannine Buckler qui nous accompagnera sur les 2 îles.

Aujourd’hui, l’île jouit d’une totale autonomie en matière fiscale ce qui a incité beaucoup de banques offshore, de compagnies d’assurance et de gestionnaires à y implanter leurs activités.

Guernesey possède sa propre monnaie et ses propres timbres.

Le transbordement des voyageurs et des bagages dans un bus guernesiais est épique, mais valises et voyageurs se logent avec bonne humeur, les unes sur les genoux des autres et personne dans la soute. Nous affichons, vraiment complet !

Le trajet est de courte durée, le premier groupe descend au 38 Hauteville Street pour visiter la maison de Victor Hugo. Les 20 personnes restées à bord font route vers la côte nord de l’île. Nous faisons un arrêt dans une ancienne fabrique de briques, avec ses fours à la silhouette particulière. Ce lieu est devenu une galerie des anciens métiers de l’île : pêcheurs de crustacés et leurs paniers particuliers, pêcheurs d’ormeaux…

Nous découvrons la succession des anses et des pointes de la côte nord, bordés par les petites maisons de pêcheurs transformées en résidences secondaires souriantes et colorées. Nous admirons la grande plage de Roquaine Bay avec le fort Grey appelé encore « la tasse et la soucoupe » !

En empruntant les typiques routes intérieures, notre guide nous fait découvrir la vie de l’île : tricotage, pêche, et plus récemment cultures de tomates (concurrencées par les tomates hollandaises), concombres et carottes (nous en aurons à tous les repas). Les îliens revendent leurs production potagère le long de la route, on fait son choix et on met l’argent dans une boite. Il existe sur terre des lieux où la confiance règne.

Puis elle tient à nous montrer Little Chapel, réplique en miniature de la basilique de Lourdes, construite entre 1914 et 1923 par le frère Déodorat. Elle est entièrement recouverte de coquillages, de galets et de morceaux de porcelaine de Wedgwood, monument qui nous rappel le Palais du facteur Cheval. L’édifice ne fut jamais consacré : l’opulent archevêque ne pouvait pas franchir la porte !

En arrivant dans St Peter, nous visitons Candie Garden.

Ces jardins victoriens, faisaient partie d’un domaine privé, ils sont restaurés, offrent une belle vue sur le port de St Peter, surtout avec ciel bleu et soleil, comme en cette fin de journée. C’est un rare exemple de jardin floral public du 19ème siècle, ils abritent les plus vieilles serres chauffées des îles britanniques.

Le groupe se reforme et nous découvrons notre hôtel, dans la campagne mais remarquablement bien situé, au dessus d’une côte, aux allures de Bretagne. L’accueil est charmant. Malgré la fatigue qui commence à peser, nous marchons au coucher du soleil sur le sentier d’Icart Point, surplombant la mer, criques et rochers. En cette saison, la flore est radieuse : silènes, jacinthes des bois en tapis.

Samedi 17 mai :

Notre groupe visite St Peter et Hauteville Manor. Cette extravagante maison où Victor Hugo vécut ses quinze années d’exil (1856-1870), propriété de la famille Hugo jusqu’en 1927, appartient à la ville de Paris. Ancienne maison de corsaire, hantée, dans ce lieu le poète va se révéler décorateur : il met en espace sa pensée, de l’ombre du rez de chaussée à la lumière du lookout au dernier étage où ce cher Toto écrivait debout. Dans e jardin rénové récemment croissent des camélias et s’épanouit le chêne des Etats-Unis, planté par Victor Hugo, à voir la serre et le banc de pierre de l’exil.

Nous promenons dans St Peter agréable port de plaisance et nous découvrons les façades colorées de la old town. L’église sur le port dont Guillaume Le Conquérant fera un court instant don à l’abbaye de Marmoutier !

Midi, ne soyons pas surpris le canon tonne tous les jours depuis Castle Cornet. Nous déjeunons à Albion Tavern d’un fish and chips sauce raifort et d’un apple pie.

Après un tel repas, visite de Castel Cornet, château du 13ème siècle avec des ajouts d’époque élisabéthaine, géorgienne, victorienne et de l’occupation allemande. Il abrite un musée de matériel militaire et maritime, récemment des jardins médiévaux ont été reconstitués et méditerranéens aux pieds des murs.

Nous effectuons une traversée sans problème sur une mer d’huile et sous le soleil, entre Guernesey et Jersey.

Quand on arrive à St Hellier en bateau, deux monuments importants se détachent : le château Elizabeth gardant le port, construit au 16ème siècle, et dominant la rade se dresse la coupole de Fort Sergent, bastion du 19ème siècle, transformé en centre de loisirs.

Nous nous installons en fin de soirée à l’hôtel Runnymed, dans un joli quartier de St Héllier, tout prés de la mer à l’architecture très anglaise du 19ème siecle, bow-windows et jardinets. Dans ce quartier a vécu Victor Hugo en exil, avant de rejoindre Guernesey et sur la plage se trouve le Rocher des Proscrits où il se réunissait avec des amis.

Dimanche 18 mai

Avec notre guide Jeannine, nous partons faire en autocar la visite de l’île, originaire de cette île et y habitant, nous ressentons tous son plaisir de nous faire découvrir Jersey.

Nous découvrons la côte Ouest, la baie de St Aubin puis le phare de La Corbière construit en 1873 (1ers phares en ciment). Puis la baie de St Ouen, magnifique baie sablonneuse. Derrière les dunes du littoral, une zone marécageuse les Mielles où nous découvrons un champ d’orchidées sauvages.

Nous quittons le littoral pour rejoindre par une green lane, dans un vallon, le jardin de Judith.

La propriétaire nous accueille, ravie de nous faire découvrir son jardin biologique qui se compose de 2 jardins, celui autour de la maison, sec et chaud (salvia, centaurées, crambe.)

L’autre prés des sources, iris sibérica, lobélias, trolliums.

Nous déjeunons very british, dans une ferme auberge d’un rôti accompagné d’un Yorshire pudding sauce au raifort et d’un apple pie.

Par les routes intérieures de l’île, bordées de cottages surplombant les « havres », petites criques abritées et longeant les cotils : champs de pommes de terre en pente, exploités jadis par les bretons (rue des Français à St Hellier), nous arrivons à Samares Manor.

Samares Manor est une ancienne demeure seigneuriale normande, entourée d’un vaste jardin botanique et d’un pigeonnier médiéval remarquable. Tout autour du manoir se succèdent : jardin potager avec choux de Jersey (chou cavalier haut de 1,50m dont les feuilles enveloppaient le beurre et étaient données aux bestiaux, la tige servait de canne avec souvent des pommeaux en bois tourné), et arbres fruitiers (pommiers taillés formant un bateau), jardin d’ombre, jardin japonais. Le parc anglais invite aux promenades romantiques. Nous terminons la visite par un petit à la jardinerie du domaine présentant quelques raretés.

Le soir, une promenade sur le Pier s’impose.

Lundi 19 mai

Après avoir retrouvé Jeannine, nous commençons la journée par la visite du parc Howard Davis, jardin public de la capitale, havre de paix dédié à ce marin mercenaire de Jersey et ami de Georges V. La roseraie, en pleine fleur est remarquable et beaucoup de vivaces rares nous captivent. Ce jardin abrite aussi un cimetière de soldats anglo-américains, morts ici pendant la seconde guerre mondiale.

Nous empruntons, ces petites routes intérieures, le paysage défile lentement, c’est un mélange de forêts, d’exploitations agricoles, de riches pâtures où paissent les célèbres vaches de Jersey.

Les routes très étroites sont dégagées, bordées de hautes haies parfaitement taillées car la coutume de la visite du « branchage » oblige chaque riverain à tailler le long de sa parcelle et les normes sont strictes.

Nous arrivons à la fondation Young, nichée au cœur de la campagne. Ce lieu abrite depuis 1958 une des plus belles collection d’orchidées au monde. Ces plantes rares sont présentées dans leurs milieux naturels avec une extrême élégance. De nombreuses médailles et trophées remportés dans les salons du monde entier attestent de la qualité unique de ces plantes.

Ensuite nous découvrons la côte Est et Gorey, pittoresque port dominé par le Castel Mont Orgueil, construit au 13ème siècle pour se protéger des envahisseurs français.

Après un très bon déjeuner, notre guide nous propose la visite d’une grande jardinerie, nous achetons les lys de Jersey : amaryllis belladone, originaire d’Afrique du Sud.

En fin de journée, nous visitons un élevage de vaches jersiaises : vaches laitières de petite taille à la robe fauve, leur lait est le plus riche de toutes les races bovines. Dans le pré, quelques unes entament de vraies conversations  « au raz des pâquerettes ». Nous nous laissons aller à la boutique de la ferme, à acheter le célèbre Black Butter, mélange de pommes caramélisées cuites dans le cidre avec des épices, à consommer sur des scones ou avec une viande ou des fromages.

Le soir, nous dînons dans un très vieux cottage, devenu auberge, au dessus de la baie de Ste Brelade.

Mardi 20 mai

Nous rejoignons notre guide sur Pier Road pour la visite du Musée qui occupe une élégante demeure du 18ème .Ce musée est consacré à l’histoire et à la vie quotidienne de l’île ,de l’Antiquité à l’occupation allemande.

Puis quelques heures libres pour le shopping et la découverte de St Hellier : Place Royale où les condamnés étaient fouettés et les sorcières brûlées, la place est entourée du Palais de Justice, du Parlement et de la Bibliothèque. Dans King street et Queen Street sont les boutiques, les nouvelles halles où nous complétons nos achats de produits locaux. Nous déjeunons au restaurant du Musée.

Dans l’après midi nous embarquons pour le retour rapide vers la France. Cette découverte des deux îles fut très agréable et documentée grâce à notre guide Jeannine.

A notre arrivée à St Malo, route vers Combourg où nous coucherons dans un médiocre hôtel au pied du Château où Chateaubriant passa son adolescence avec son frère et ses sœurs.

Mercredi 21 mai

Sur la route du retour, nous visitons le Parc Botanique de Haute Bretagne où nous serons accueillis par le propriétaire pour une matinée et un après midi de visites guidées. Nous découvrons un parc de 25 hectares où sont acclimatées les essences des végétaux des différents continents dans 24 jardins botaniques, thématiques et contemporains. La diversité des plantes, des fleurs, des arbres, la beauté des points de vue sont insolites et dépaysants en Bretagne, s’ajoutent à cela un sympathique accueil et repas. La visite très intéressante de la pépinière nous permit de remplir le reste des soutes du car. Vers 17h, nous prenons la route du vrai retour.

De part et d’autre de la Manche il y a les «  frogs » français et les « rosbifs » anglais, mais sur les îles il y a les « toods » crapauds et les « donkeys » ânes, les habitants de Guernesey et Jersey perpétuent cette « rivalités » ancestrale grâce à notre guide qui vit à Jersey, nous connaissons mieux nos voisins anglo –normands.