VOYAGE en BELGIQUE du 22 au 25 avril 2016

Perdre le Nord au milieu des fleurs

 

22 avril : les jardins de Séricourt.

Dans la froidure de vendredi matin, les trente-neuf membres de la SHOT prennent leurs places dans le bus très confortable de la Société Salaün. Nous traversons les calmes paysages de la Picardie où la végétation se réveille tout juste de l’hiver. Nous sommes attendus, aux jardins de Séricourt, à 13h, par M Yves Gosse de Gorre et son fils. Toute la famille venait juste de repeindre l’espace « salon de thé » pour nous accueillir autour d’un buffet. Après le réconfort du repas et malgré le temps maussade, nous allons parcourir les différents espaces. M Gosse de Gorre est paysagiste, il possède également une pépinière. Il a créé, il y a une trentaine d’années, une série de jardins où il donne vie à son imaginaire. Il a créé un nouvel art des jardins : dans la vie comme au jardin, l’opposition est permanente, le bien, le mal, la lumière, l’ombre. De puissants effets de géométrie frôlent le jardin guerrier, la cathédrale de roses. Ces jardins évoluent sans cesse, son fils a pris la relève et maintient l’équilibre de cette merveille de créativité. « Dans la vie comme dans mon jardin, l’opposition est constante. La vie s’oppose à la mort, le bien au mal, le beau au laid. Le juste milieu me semble triste et ennuyeux. » (Y . Gosse de Gorre)

Les yeux pleins de rêve nous poursuivons notre route vers Bruxelles, nous arrivons en fin de journée à notre hôtel NH Collection, situé à côté du célèbre hôtel Métropole, place de Brouckère, à deux pas de la GrandPlace.

23 avril : Floralies de Gand.

La Société Royale d’Horticulture et de Botanique qui existe depuis 270 ans organise ces floralies. Les meilleurs talents belges et étrangers qu’ils soient horticulteurs, paysagistes, fleuristes, architectes ou artistes exposent leurs créations dans différents sites, en plein centre-ville, faciles d’accès à pied ou par des navettes gratuites.

  • Le parc de la Citadelle : après avoir arpenté les jardins d’exposition et d’inspiration qui font la part belle aux toutes dernières tendances, sous un immense hall, les horticulteurs et pépiniéristes de la région flamande déploient leur savoir-faire. 82 entreprises exposent 250 espèces de fleurs et de plantes regroupées selon la couleur et la forme de leurs feuilles. Les azalées gantoises tiennent toujours le haut de l’affiche. Depuis le 17ème siècle, la région de Gand est une terre de jardiniers et d’amateurs de plantes (confrérie de Ste Dorothée). A la fin du 18ème, les azalées en provenance de Chine et du Japon font leur apparition, le climat et la nature des sols leurs conviennent et la culture innovante de ces plantes fait la réputation de Gand. Dans un autre hall, les paysagistes ont mis en scène l’impact des fleurs, des plantes sur les peuples et les sociétés (potagers, champs, bois, marais.) • Musée des Beaux-Arts : le pouvoir des fleurs, rapport entre la nature, l’écologie, l’art à travers différentes œuvres d’artistes internationaux. Dès l’entrée, Van Paumel fait revivre une somptueuse table d’apparat comme dans les tableaux flamands du 17ème siècle. Dans différentes salles, les artistes montrent leurs créations organiques, monumentales, j’ai retenu l’œuvre de Gerda Steiner et Jorg Lenzlinger dont nous pouvons voir une autre installation dans la chapelle du Château de Chaumont sur Loire. • Site de la Bijloke : le Japon est mis à l’honneur. Un monde d’azalées, de camélias nous enchante, après une entrée florale et de bambous, très graphique, l’ikebana ou kado, la voie des fleurs, évoque l’art de faire vivre les fleurs dans des compositions dont les différents éléments, vase, branches, fleurs, expriment nos sentiments, d’où le soin et l’attention qu’il convient de porter à leur forme et à leur agencement dans l’espace. • La caserne Léopold. Nous y découvrons toutes les techniques de façades ou d’objets végétalisés. Tout est possible pour habiller les façades de vivaces grâce aux « living wall systems ». Les façades végétales présentent l’avantage de tempérer le climat dans la ville, d’isoler l’intérieur. Elles sont aussi d’un effet bénéfique sur la santé, l’humeur, la qualité de vie. Le centre de la cour est noyé sous une profusion d’azalées et de rhododendrons aux couleurs franches. • Place Saint-Pierre. Le passé et l’avenir, une exposition où les lauriers et les roses côtoient les rhododendrons. Dans l’église, nous admirons un somptueux lustre de fleurs qui respecte l’architecture de l’édifice avec des touches modernes de cristal reflétant la couleur des vitraux. Nous nous baladons dans les couloirs de l’abbaye où les fleurs se mêlent aux péchés capitaux. Les entreprises présentent leurs cultures innovantes et leurs nouveautés en matière d’azalées, de broméliacées et de rhododendrons.

24 avril : serres royales de Laeken,

château de Grand Bigard, Bruxelles • Serres royales de Laeken : dès le matin, notre sympathique guide, nous rejoint à l’hôtel et nous accompagnera toute la journée. Avant la visite des serres, nous parcourons en bus, le quartier de Heysel où fut construit pour l’Exposition Universelle de 1958, l’Atomium qui figure l’agrandissement d’un atome de cristal de fer. Nous pénétrons ensuite dans le domaine royal, parc à l’anglaise où apparaissent des palais, une tour japonaise, un palais chinois et les serres.  Pendant l’attente avant d’entrer, sous une pluie glaciale, notre guide nous initiera à l’histoire de la royauté belge. Cette succession de dômes de « cristal », de couloirs sous verrières à remarquables charpentes métalliques ont été confiés à Balart, par le roi Léopold II. La rotonde du jardin d’hiver en est la pièce maîtresse, chef d’œuvre de clarté et d’élégance. Des lieux magiques où les passionnés de fougères, de fuchsias, d’azalées, de pélargoniums ont vibré.

 

Nous passons devant l’église Notre Dame où reposent, dans la crypte, les rois et reines de Belgique, en face une colonnade abrite la statue de la Reine Astrid, décédée tragiquement en 1935. Nous déjeunerons dans un lieu surprenant et insolite, au sous- sol d’une véritable basilique, la Basilique du Sacré Cœur de Koekelberg, construite de 1918 à 1926, c’est un colossal « saint-honoré », néogothique. Cette choucroute est la 5ème église la plus grande du monde ! • Château de Grand Bigard. Floralia qui se déroule sur les 14 hectares du parc du château de Grand Bigard. Ce bâtiment, de Renaissance flamande, est formé d’un corps de logis à un étage en brique rose, aux fenêtres à meneaux entourées d’entablements de pierre blanche et à la toiture d’ardoises. Dans le parc, nous feuilletons un véritable catalogue de bulbes de printemps. Sous des averses de neige intermittentes nous découvrons les sous-bois plantés de tulipes, jacinthes, muscaris et narcisses. Les jardiniers ont planté un million de bulbes dans ce décor. • Visite de Bruxelles (en bus) : les plus anciennes mentions de Bruxelles remontent au 10ème siècle. C’est en 1830 qu’elle est devenue la capitale de la Belgique. Au 20ème siècle d’immenses chantiers fracturent la ville anéantissant l’urbanisation haussmannienne du 19ème, on a parlé de « bruxellisation ». La ville devient la proie des spéculateurs fonciers et se couvre d’immeubles de bureaux. En 1967, démolition totale des quartiers Nord au profit d’édifices destinés à la Communauté Européenne :

– La Place Royale avec son monument au héros national Godefroi de Bouillon, entourée de pavillons de style Louis XVI, aux rigoureuses façades blanches et non loin le Palais Royal. – Le Palais de Justice, d’architecture mégalomane, construit au 19ème siècle. Nous traversons différents quartiers : les Sablons, les Marolles, dans le quartier Louise Defacqz, le guide nous fait découvrir les façades des maisons construites par Victor Horta. Point d’orgue des extensions de Bruxelles au 19ème, le Parc du Cinquantenaire, avec l’Arcade, sorte de porte urbaine avec au sommet le quadrige et de part et d’autre des colonnades et les musées d’Art et d’Histoire. Autour de la place de Brouckère, les boulevards, l’Hôtel Métropole construit en 1870 vit défiler toutes les têtes couronnées d’Europe, Pierre et Marie Curie, Sacha Guitry… – Le soir, visite de nuit :  nous empruntons le passage du Nord qui date de 1881 pour rejoindre la Grand-Place, en passant devant le Théâtre de la Monnaie où la 1ère représentation eut lieu en 1700. – La Grand-Place : « le plus beau théâtre du monde » Jean Cocteau. Cette place aligne sur ses 4 côtés, les admirables façades baroques de ses maisons, au milieu desquelles s’élèvent 2 chefs d’œuvres d’architecture gothique : l’Hôtel de Ville et La Maison du Roi, place intacte depuis sa reconstruction par souscription des corporations et des habitants après le bombardement français de 1695. Pèlerinage au Manneken Pis, symbole de la population bruxelloise, petite statuette de 60 cm.

 

25 avril : le domaine de Mariemont et la ville de Binche

• Domaine de Mariemont : en 1546 Marie de Hongrie, sœur de Charles Quint gouverneur des Pays Bas et Flandres fit construire là, un rendez-vous de chasse. Rubens, Breughel Le Velours fréquentèrent ce château et sa Cour. Puis au 19éme un industriel Nicolas Waroquier rachète le domaine. Ils se succèdent de père en fils jusqu’en 1917. Le domaine se compose du musée Royal, fermé ce jour, composé d’une collection inestimable d’antiquités méditerranéennes et d’Extrême- Orient.  Le parc : un des plus beaux de Belgique, entièrement clos de murs (45 ha.), conçu au 19ème siècle comme un parc d’agrément et de collection, il intègre un nombre important d’arbres multiséculaires (châtaigniers, chênes pédonculés, hêtres verts). Le fond des massifs de frondaison est constitué de hêtres pourpres, laciniés et pleureurs et de frênes. Dans ce décor savant, on trouve, isolés, des sujets exotiques. Le style paysager exclut les massifs de fleurs (sauf une roseraie) mais la vue s’est régalée en cette saison, des massifs de rhododendrons et d’azalées (la terre de bruyère a été apportée de Sologne). 

Le parc possède la plus importante collection dendrologique : 1000 espèces. La Fondation Spoelberch-Artois a recensé 70 spécimens remarquables, les plus gros de Belgique : pins de Weymonth, hêtre commun( 400 ans), mélèzes d’Europe, noyer (28m), chêne pédonculé (30m), tilleul argenté pleureur (37m, 2ème spécimen de Belgique), magnolias acuminata (29m), frêne oxycarpa très gracieux,  araucarias du Chili,, cèdre du Liban ( béquillé !), érables de diverses origines, griseum, rubrum, zelkova, chicot du Canada ( Kentucky coffee-tree), c’est un fabaceae, frêne pleureur à bois jaune, noisetier de Byzance … et puis, je m’arrête,  vent, pluie sur mes lunettes.

 

Déjeuner dans une brasserie (fabrique de bières locales), nous y dégustons des bières de Binche, la bière des Ours.

 

  • Visite de Binche : la ville a gardé une partie de ses remparts, c’est la cité de Marie de Hongrie, veuve mais que son frère Charles Quint nommât gouvernante des Pays Bas. Son palais fut ravagé par le sac de la ville en 1554. Il ne reste pas grand-chose, il nous faut beaucoup d’imagination pour rêver de son palais, surtout sous une pluie battante et dans le vent qui retournait le parapluie de notre guide, elle nous rappelait Marie Poppins ! La Grand’ Place avec l’hôtel de ville, sa façade gothique du 14ème siècle surmontée du beffroi, la collégiale St Ursmer où nous nous protégeons du vent. Nous nous réchauffons à la boutique de la dentelle de Binche et dans l’un des douze cafés de la place qui abritent les sociétés organisatrices du Carnaval de Binche. Le carnaval dure plusieurs semaines, les manifestations vont crescendo, la figure énigmatique du Gille apparaît au Mardi Gras. Les Gilles de Binche ne sortent jamais de leur ville.

 

Ce voyage a réuni, les paysages, différents jardins et parcs, manifestations et l’Histoire. Certains y ont gagné un rhume, nous vous promettons, l’année prochaine, nous irons plus au Sud, avec le même esprit, merci à tous les membres du groupe qui avec leur gentillesse ont contribué au succès du séjour.