Les gastéropodes

Les Limaces et les escargots

Les Arions

Son nom vernaculaire est « limace », gastéropode sans coquille externe. Les limaces mesurent de 1 à 30 cm. Elles ont quatre tentacules dont deux qui ont des yeux et les autres permettent de capter les odeurs et les goûts. Elles sont phytophages ou carnivores.

La limace est un animal à sang froid, essentiellement nocturne ou qui n’est actif que par temps très humide. Son activité varie beaucoup selon les périodes de l’année, la température et l’humidité. (Les hivers doux favorisent le taux de survie des œufs, des jeunes limaces et leur développement. Les hivers secs et froids sont peu favorables à leur survie).
Les limaces horticoles s’immobilisent en dessous de 5°C. L’optimum de températures des limaces grises se situe aux alentours de 18°C. Elles sont inactives à 0°C. Les limaces meurent à -3°C, mais elles se sont en général enfouies en profondeur avant l’arrivée du gel.(un hiver brusque favorise la destruction d’un certain nombre). Sans eau ou humidité, la limace ne peut pas produire de mucus et par conséquent ne peut pas se déplacer. Elle se réfugie dans le sol pour attendre le retour des pluies.

Les limaces ont une nourriture variée : tissus végétaux, feuilles, des champignons et des déchets animaux. La grosse limace et la petite limace grise consomment plutôt les plantes à la surface du sol et semblent attirées par des plantes déjà endommagées. En période de sècheresse, les petites limaces vivent plutôt dans le sol et grignotent alors les parties souterraines des plantes ou les champignons poussant sur des végétaux en décomposition.
Une limace peut ingérer jusqu’à l’équivalent de la moitié de son poids en une seule nuit. La limace grise absorbe entre 30 et 50 mg par jour, mais la grosse limace peut ingurgiter entre 5 et 10 g par jour. Certaines limaces se nourrissent en une seule fois, d’autres s’alimentent à plusieurs reprises au cours d’une même nuit. Elle peut ne pas manger durant plusieurs jours.

Elles ont une fonction écologique importante en intervenant dans le contrôle de la végétation et dans le recyclage de la nécromasse. Elles offrent une source de nourriture importante pour de nombreuses espèces dont les oiseaux. Entre les limaces terrestres et maritimes, on compte plus de 13 000 espèces mais seulement 40 terrestres qui embêtent nos jardiniers (exemple :la Grosse limace rouge : Arion rufus , la Limace des jardins : Arion hortensis , la Limace noire : Arion lusitanicus ………

La limace est une grande productrice de mucus. Il résulte d’une sécrétion colloïdale produite par des glandes spécialisées. Assurant une fonction de lubrifiant, il est indispensable à leur progression. Il protège efficacement les limaces de la déshydratation et du rayonnement infra-rouge. Il a des propriétés antibiotiques, qui les protège des infections virales, bactériennes et fongiques auxquelles ces animaux seraient, sans cette protection, très exposés. Lorsque la limace est soumise à une agression mécanique ou chimique elle produit immédiatement un surplus de mucus, qui la rend particulièrement visqueuse, ce qui pourrait peut-être parfois lui permettre d’échapper à des prédateurs. Il est possible que le mucus serve aussi à détoxiquer l’animal. Ce mucus est produit par une glande située à l’avant du pied de l’animal afin de lui permettre de glisser. Sur le sol, le végétal , une trace y est laissée permettant de constituer une piste olfactive permettant aux limaces de se repérer et ou de se retrouver pour se reproduire.

« Les propriétés colloïdales du mucus de la limace pourraient jouer un rôle dans le bon déroulement du processus d’humification de la litière et peut-être également pour la digestion des oiseaux ou animaux qui la mangent volontairement ou involontairement (comme les vaches, moutons ou chèvres réputés herbivores, mais qui ingèrent de nombreux invertébrés avec leur nourriture), mais ces questions n’ont pas fait l’objet d’études poussées. »
Il semble que le mucus de limace ait pu avoir des usages médicinaux dans le passé (contre les affections pulmonaires ou de l’estomac).
Les limaces se déplacent peu. Elles peuvent parcourir en conditions optimales entre 4 et 7 m quotidiennement pour la limace grise, 2 et 3 m pour la limace noire. Lorsqu’elles se situent dans une parcelle où la végétation est abondante, les limaces ne se dispersent pas de plus de 50 cm par jour.

La reproduction

Comme l’escargot, la limace est hermaphrodite, un même individu est tantôt mâle et tantôt femelle. Les organes mâles sont d’abord activés, puis c’est au tour des organes femelles. Le déclenchement de ces deux phases de l’activité sexuelle est régulé par un système hormonal.
La femelle pond les œufs quelques jours à quelques semaines après l’accouplement selon l’espèce. Une limace peut pondre entre 100 et 500 œufs en paquets de 10 à 50. Elle les dépose dans un trou creusé dans la terre ou sous un abri. Les œufs sont sphériques, jaunes blanchâtres ou transparents. La durée d’incubation des œufs dépend des conditions climatiques. À 5°C, l’incubation durera jusqu’à trois mois alors qu’à 20°C, deux à trois semaines suffisent. L’humidité du sol doit être comprise entre 40 et 80 %.
Les limaces peuvent donner naissance à une génération / an, ou une tous les deux ans ou deux par an. Les périodes les plus favorables pour la reproduction sont l’automne et le printemps.

À l’éclosion des œufs, les limaçons mesurent quelques millimètres et sont transparents. Les limaces vivent de neuf à dix-huit mois selon les espèces et la région. La limace grise, par exemple, évolue en une génération par an dans les régions à hiver rigoureux, en deux générations par an dans les régions à hiver doux. En revanche, la limace noire se développe en une seule génération par an quelle que soit la région.

Les Escargots

Les Escargots tant appréciés au beurre persillé par les français ne sont plus produits en France (héliciculture). La Pologne en est le pays 1er producteur européen avec 282 tonnes exportées. Cependant, ils sont, semble t il, toujours aussi nombreux dans nos jardins. Il est possible de les ramasser au printemps d’avril au 30 juin (période de la reproduction). Leur taille est réglementée : la bague doit être entière. Les escargots seront mis au jeûne pendant quelques temps pour se désintoxiquer des substances toxiques (végétaux , etc ….). Comme le ver de terre, l’escargot a la particularité de concentrer dans ses tissus les substances chimiques présentes dans le sol, l’air et les plantes de son environnement (cadmium, plomb, zinc, cuivre, mercure, arsenic). Les escargots issus d’élevage ne sont jamais toxiques car leur alimentation est contrôlée. Les escargots dans un milieu pollué peuvent fixer dans leurs chairs des métaux lourds, le jeûne ne permet pas à l’escargot de larguer ces métaux. Un jeûne de 32h est suffisant pour que l’intestin de l’escargot soit complètement vidé.
Les escargots, dits colimaçons – gastéropodes. Les principaux escargots de nos jardins :
Helix aspersa :

o Le petit-gris (Helix aspersa aspersa), avec des recettes plus diverses et souvent locales, une taille de 28 à 35 mm pour un poids adulte de 7 à 15 g.
o Le gros-gris (Helix aspersa maxima), taille de 40 à 45 mm pour un poids adulte de 20 à 30 g..
Helix pomatia :
o Le véritable escargot de Bourgogne, Taille de 40 à 55 mm pour un poids adulte de 25 à 45 g
Helix lucorum, ressemblant de notre escargot de Bourgogne mais plus petit, originaire des pays de l’Est souvent commercialisé pour les préparations surgelées)

Les particularités de l’escargot

Les escargots ne sont actifs que lorsque l’humidité est suffisamment élevée. En cas de fortes chaleurs et humidité faible, l’animal se rétracte à l’intérieur de sa coquille qu’il obture par un voile muqueux (courte inactivité) ou par un épiphragme ce qui lui évite la déshydratation. L’épiphragme est un bouchon de mucus, plus ou moins imprégné de calcaire, qui durcit en séchant.
La durée de vie des escargots varie selon les espèces. Dans la nature, les Helix dépassent rarement l’âge de trois ans. Leur mort est souvent due à des prédateurs ou à des parasites. En captivité, leur longévité est bien plus longue et va de dix à quinze ans pour la plupart des espèces. Certains escargots ont vécu plus de trente ans.

La reproduction

Tous les escargots terrestres sont hermaphrodites, produisant spermatozoïdes et ovules .Avant la reproduction, les escargots pratiquent une cour de deux à douze heures avant l’accouplement. Ils sont très prolifiques et reproducteurs, s’inséminent réciproquement par paires afin de fertiliser leurs ovules. Chaque portée peut contenir jusqu’à cent œufs. Ils enterrent leurs œufs à la limite de la surface, de cinq à dix centimètres de profondeur, principalement lorsque le temps est tiède et légèrement humide, creusant avec leur « pied » l’emplacement des œufs. La taille des œufs diffère selon les espèces, en moyenne trois millimètres de diamètre. Après une incubation de deux à quatre semaines, les œufs éclosent et les jeunes sortent. Les escargots peuvent pondre des œufs jusqu’à une fois par mois.
Les conditions favorables pour les limaces et escargots
• Humidité du sol : (dans les 5 premiers centimètres de la surface) et humidité de l’air
• Température 15 à 20°C
• Type de sol : sols aérés, motteux et caillouteux et surtout : sols argileux et argilo-calcaires, rarement : sols sableux. Présence de matière organique, débris végétaux, résidus de récolte. Proximité de talus, de bois, de prairies et de jachère. Réduction de la façon culturale et semis trop superficiels. Débris après récolte laissés sur le sol. Implantation de culture intermédiaire.

Les Méthodes de lutte contre les limaces et les escargots

Lutte biologique par les prédateurs
• les carabes (en particulier : Anchomenus dorsalis (oeufs),
• l’escargot de Bourgogne (qui mange les œufs),
• le ver luisant et ses larves
• la plupart des oiseaux,
• des mammifères tels que les taupes, les hérissons, les musaraignes, les rats et les blaireaux,
• les crapauds, les grenouilles, les orvets et les lézards,
mais la totalité des limaces n’ai jamais complétement éliminée.

Pour favoriser les prédateurs :

Dans le jardin, laisser des endroits non-entretenus ou des zones de refuge (pierres, tas de bois, tas de feuilles). Les planches ou tuiles “pièges” permettront au crapaud de se cacher au fraispendant la journée.
Purin ou paillage :
Un purin ou un simple paillage de fougère aigle permet également de les éliminer

 

Lutte Ethologique

  • Par les Plantes attractives

On place une plante qu’elles apprécient particulièrement (consoude, œillet d’Inde) qui fera qu’elles délaisseront les plantes et qui nous permettra de les récupérer.

  • Par les Plantes répulsives

On entoure les plantes à protéger (salades, choux fleurs,…) de plantes barrière (ail, civette, géranium, digitale, fenouil, oignons, moutarde, trèfle, cerfeuil, capucine, bégonias, cassis…) nettement moins appréciés des limaces.

Les Pièges

  • Piège à bière
    On enterre des récipients au niveau du sol dans lesquels on verse de la bière. L’odeur de la bière les attire et elles s’y noient. C’est en fait le houblon qui les attire, croyant trouver la chicorée dont elles raffolent.
  • Planche de bois
    On peut aussi poser une planche de bois ou des tuiles pour qu’elles puissent s’y réfugier la nuit. Au matin, il suffit de la retourner et les oiseaux et autres animaux (comme les crapauds etc ….)
  • Cendre
    La cendre (barbecue), de cheminée peut être étalée sur 1 cm d’épaisseur pour protéger une zone sans limaces. Le sable, les cheveux limitent leur déplacement.

Particularités : La Lutte contre les escargots
Ils ont de nombreux prédateurs tels que des mammifères, rongeurs ou hérissons notamment, ou des oiseaux (la grive)

Lutte chimique (raisonnée)
Les produits utilisés pour éliminer les limaces sont appelés « limacides » ou hellicides
Anti-limaces et anti-escargots à base de phosphate de fer sous forme de granulés qui tuent les limaces en paralysant leurs mandibules après absorption. Les produits à base de métaldéhyde ont été retirés de la vente en 2013.