Société d'Horticulture de Touraine

Geneviève Petit

Les Sélaginelles, Mousses ou Fougères ?

Ces plantes, le plus souvent à allure de mousses, sont classées actuellement dans la lignée des Ptéridophytes groupe incluant les Fougères, Pourquoi ?

Les Sélaginelles actuelles donnent une fausse image de ce groupe végétal, qui à l’ère primaire était représenté par des arbres de grande taille qui, fossilisés, ont participé à la formation des gisements de charbon.

Appartenant à l’ordre des Sélaginellales, classé au sein des Ptéridophytes (qui comprend les Fougères), elles ne sont représentées que par une seule famille et même un seul genre : Selaginella comportant 750 espèces vivant majoritairement en régions tropicales humides. Cette localisation géographique explique qu’elles soient appréciées actuellement comme plantes d’intérieur, en particulier, l’espèce Selaginella kraussiana.

Leur morphologie les rapproche des Fougères

Les Sélaginelles portent des feuilles pourvues d’une seule nervure de taille réduite (microphylles), elles possèdent un véritable appareil conducteur de sèves et sont vivaces par un rhizophore (de rhiza : racine ; phoros qui porte) porteur de racines (figure). Ceci incite à les classer parmi les Ptéridophytes actuelles qui sont généralement des plantes vivaces par une tige souterraine à la différence des Bryophytes dont les Mousses qui ne possèdent pas de vraies racines.

Les Sélaginelles sont très voisines dans leur développement dichotomique des Fougères maintenant disparues comme Rhynia (figure) ou d’une fougère tropicale archaïque Psilotum.

L’originalité des Sélaginelles réside dans l’archaïsme de leur appareil végétatif (avec ces formes rampantes mimant pour certaines espèces des tapis de mousses) et leur cycle de reproduction plus abouti que la fougère souvent modèle, le Polypode.

Leur cycle de reproduction les rapproche des Fougères

Retournez une fronde de Polypode, vous observez des amas de sporanges qui libèrent des spores. Après germination, ces spores conduisent à une lame chlorophyllienne : le prothalle. Au sein de cet organe se différencient les porteurs de gamètes mâles (anthéridies) et femelles (archégones). Les gamètes mâles vont nager, dans l’eau située sous le prothalle, vers la femelle et après fécondation donner un embryon, puis à une nouvelle plante qui parasite momentanément le prothalle (figure).

Chez les Sélaginelles apparaissent sur la même plante des épis sporangifères mâles et femelles : on constate donc une différenciation sexuelle à ce stade. Les spores mâles forment un microprothalle très réduit et grâce à leur légèreté peuvent être portés par le vent. La fécondation nécessite cependant toujours un milieu aquatique (figure) et leur cycle biologique est très voisin des Fougères.

Leur génome les rapproche des Fougères

De nombreux travaux scientifiques récents, comme ceux de Kulkarni AR et col., (Glycobiology. 2012 Mar;22(3):439-51.) et de Banks JA.et col.(Science. 2011 May 20;332(6032):960-3.2011) portant sur des séquences bien conservées de leur génome , ont pu démontrer le rôle important jouer par les Sélaginelles comme maillon du développement des plantes vasculaires. Dès 2006, certaines séquences génomiques avaient clairement mis en évidence leur appartenance aux Ptéridophytes sur le modèle Selaginella kraussiana (Van Sandt VS et col., J.Exp.Bot.,2006;57(12):2909-22 ).

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