Les punaises prédatrices sont des insectes utiles en espaces-verts

On compte plus de 30 000 espèces de punaises terrestres et aquatiques dans le monde. Parmi celles-ci, certaines sont phytophages, comme la punaise verte la plus couramment rencontrée dans les jardins, Palomena prasina, et d’autres sont prédatrices comme « le gendarme » (Pyrrhocoris apterus) qui se nourrit principalement de graines mais consomme aussi parfois des œufs d’insectes ou des insectes morts.

Compte-tenu du rôle qu’elles peuvent jouer dans la régulation des ravageurs, il est important de tenir compte des punaises utiles lors de la mise en place de méthodes de lutte en espaces-verts, pépinières ou serres.

Il existe plusieurs espèces de punaises prédatrices, appartenant à différentes familles (Miride, Nabide, Anthocoride). Elles ont en commun une disposition des ailes à plat sur l’abdomen. La base des ailes laisse apparaître une forme triangulaire très nette sur le thorax. La tête est avancée à l’horizontale et bien visible. Suivant les espèces, on les trouvera dans les arbres et arbustes ou dans les plantes herbacées.

Elles se développent relativement rapidement, généralement en 2 ou 3 semaines. Les premiers adultes peuvent être observés sur les plantes à partir d’avril/mai. Après l’accouplement, les femelles pondent entre 20 et 200 œufs selon les espèces (50 à 70 chez les gendarmes) sur les plantes ou dans les tissus des végétaux.

Elles se nourrissent d’une grande variété d’insectes ravageurs comme les acariens, le psylle du poirier, la pyrale du maïs, les thrips, les pucerons, les cicadelles, les noctuelles, les aleurodes, les tordeuses, les piérides, les teignes, les chenilles arpenteuses, qu’ils soient au stade larvaire ou adulte.

Grâce à leur rostre, les punaises prédatrices injectent des enzymes digestives qui paralysent leurs proies et liquéfient leurs organes. Ces derniers sont ensuite aspirés. La larve est aussi vorace que l’adulte. En 20 jours une larve d’Anthocoridse peut dévorer 300 à 600 acariens ou 100 à 200 pucerons. Un adulte peut ingérer 100 acariens par jour. Attention toutefois, certaines punaises prédatrices sont aussi intéressées par les plantes et peuvent causer quelques dégâts, notamment sur les fruits. Les Mirides comme Lygus, aiment particulièrement les légumes et les fleurs.

Drosophila suzukii

Drosophila suzukii est un ravageur originaire d’Asie, qui connait depuis 2008 une progression spectaculaire en Europe. Identifié en France officiellement en 2010, il cause des dégâts très importants sur de nombreuses espèces fruitières, notamment sur cerises et petits fruits rouges.

Le cycle biologique de D. suzukii peut être court (7 jours), et atteindre jusqu’à 13 générations par an notamment au Japon.

Les femelles seraient fécondées avant la période hivernale, et passeraient l’hiver sous forme adulte dans divers refuges dans les anfractuosités des arbres ou des litières de feuilles mortes. Le cycle débute au printemps dès l’apparition des premiers fruits comme les cerises et les fraises en tout début de maturation. Elles s’attaquent aussi aux mûres, myrtilles, cassis et groseilles. La couleur des fruits constitue un facteur prépondérant d’attractivité pour l’insecte notamment dans le spectre rouge foncé à violet.

La présence de plantes sauvage du genre Rubus (mûre …) dans l’environnement des parcelles en production favorise le développement de l’insecte. D. suzukii se capture de mars à novembre en France.

Les mesures prophylactiques :

– ne pas trop espacer les cueillettes

– veiller à la bonne aération des plantations

– ne pas laisser de fruits en sur-maturité

– ne pas laisser de fruits sur les cultures

Raisonner la lutte phytosanitaire :

– méthode alternative de protection par filet

– un réseau de piégeage est indispensable au raisonnement de la lutte. A court terme la lutte chimique peut permettre de limiter les attaques de D. suzukii, mais les possibilités importantes de mutation de cet insecte risquent de favoriser les phénomènes de résistance.

FREDON Centre et BSV (Bulletin de Santé du Végétal)

L’Indre-et-Loire est le département le plus représenté au niveau du nombre d’observateurs pour le bulletin de santé du végétal. Ces bulletins sont indispensables et importants. Chacun peut s’abonner en allant sur le site de la chambre d’agriculture :

http://www.centre.chambagri.fr/developpement-agricole/bulletin-de-sante-du-vegetal.html

Les personnes souhaitant devenir observateur peuvent prendre contact au bureau de la SHOT.